Tuesday, October 25, 2016

Camille Arnoux

Compte rendu de lecture :

Séoul , l'invention d'une cité

Joinau, Benjamin, Séoul l'invention d'une cité, Paris, Éditions Autrement, 322p.


Séoul, l'invention d'une cité est un livre ayant été publié aux éditions Autrement, en 2006 et rédigé par Benjamin Joinau. Les photographies habillant le livre ont été prises par Kang Yeong-Uk.

Benjamin Joinau, né en 1969 en France est un écrivain et chercheur spécialisé dans les recherches sur la Corée du Sud. Diplômé de la Sorbonne, Paris IV en 1994 en lettres classiques et en philosophie, il a ensuite rédigé sa thèse de doctorat à E.H.E.S.S (Paris) entre 2008 et 2014 en Anthropologie Culturelle spécialité études coréennes. Bilingue en anglais et coréen, il a plusieurs fois été aperçu dans des émissions coréennes mais est aussi professeur dans des universités coréennes tel que Hankuk University of Foreign Studies, Sookmyung University ou encore à Hongik University depuis le 01 mars 2015. Les œuvres de Benjamin Joinau sont en assez hétéroclites pouvant se poser sur la gastronomie coréenne ainsi que sur la frontière nord/sud coréenne.
Kang Yeong-Uk est un photographe né en 1980. En juin 2002, il commence la photographie dans le studio photo Sangsang se trouvant dans le quartier de Hongdae (un des quartiers jeunes de la ville) (Séoul).

Pour pouvoir se rendre compte de la situation de Séoul dans le livre, il est déjà important de revenir dans le temps. Étant actuellement en 2016, la situation sociale et économique de la ville a changé et la ville de Séoul qui était alors encore connue en 2006 s'est vu transformée.

En regardant les photographies dès le début du livre, on peut savoir que celui-ci parlera de ce mélange de tradition et de modernité. Dans l'introduction, le but même de l'auteur est de nous présenter cette ville qui peut nous être totalement inconnue. De par la configuration topologique de Séoul aux quartiers dits de fêtards, l'auteur nous dévoile une ville qui mélange technologie, tradition et complexité.
Par l'introduction, on comprend vite le point de vue de l'auteur pour traiter de son sujet, un point de vue dit « social ». C'est un mot qui au fil de la lecture revient beaucoup. Traiter d'une ville peut être fait de plusieurs moyens, nous pouvons utiliser par exemple le contexte historique et comparer avec une Séoul du 21ème siècle. Mais dans le livre, l'auteur a préféré exploiter son sujet en utilisant les points de vue et pensées de coréens venant de tous types de catégorie sociale. Nous pouvons retrouver Yoo Jin-Suk, un gérant de bar profitant et vivant sa vie au jour le jour, Kim Gi-Don, pasteur et rédacteur en chef de la revue Small is Beautiful cherchant à montrer au monde le combat des plus pauvres ou encore Hong Seok-Cheon, patron de bar et icône gay d'un pays qui encore voit l'homosexualité comme une tare. Dans ce livre, on retrouve 32 témoins expliquant leur histoire, leurs pensées et leur conviction. A travers cela, on apprends à connaître une Séoul, qui avançant à pas de géants, oublie peu à peu le caractère sociale de la ville et le contact humain pour aller vers une politique de compétitivité et d'acharnement. Une politique qui va vite et qui bouscule une ville qui était il n'y a pas encore 30 ans abandonnée par le reste du monde.
On remarque que l'art sous toutes ses formes (peinture, photographie, vidéo, danse etc) fait partie intégrante de ce portrait de ville. L'auteur représente les problèmes sociaux, économiques et de développements par une approche artistique.

Dans le livre, on peut sentir cette approche sociale tel une volonté politique de changer le pouvoir en place et le début d'un changement vers une ville qui se voudrait plus libérale. On peut se demander si le but même de ces témoins n'est pas de s'accuser de cette perte de vie commune. Car a trop vouloir se développer, on rentre dans un cercle vicieux. Les pauvres s'occupent des pauvres et les riches s'occupent des riches. La population ne se mélange plus et cette écart de catégorie se retrouve de plus en marqué. On peut ressentir d'ailleurs tout au long de la lecture, cette envie des coréens de renouer avec son prochain mais qui à cause de cette société et de cette politique du « vite vite » n'y arrivent tout simplement plus.

Pour moi, traiter de l'histoire contemporaine d'une ville a toujours été compliqué. Car il faut pouvoir faire en sorte de captiver le lecteur tout en lui apprenant de nouvelles informations. La méthode utilisée par Benjamin Joinau est assez innovante et nous permets de voir Séoul à travers les yeux de 32 témoins coréens. Nous permettre de voir les défauts ou la beauté d'une ville en pleine expansion. Dans le livre, on ressent cette volonté de chaque témoins de changer le pays en un nouveau pays où les citoyens reprendraient conscience de son prochain. Hors dans la volonté de vouloir retranscrire cette sensibilité sociale, on finit par oublier de représenter la ville en elle-même. Dans le livre, on retrouve plus une description des personnes qui vivent dans Séoul plutôt que de Séoul elle-même. Il est tout à fait nécessaire de prendre en conscience l'Homme et ses actions pour définir une ville, mais le moyen utilisé dans le livre nous fait au final perdre le but mettre qui est « Séoul ou l'histoire d'une mutation ». Durant la lecture, on peut se rendre compte que Séoul est une ville de mouvement. Les coréens y travaillent, y boivent, rencontre leur famille et amis mais n'y vivent pas vraiment. Séoul étant le cœur même de la Corée du Sud, tout le monde y vient travailler mais ils ne sont pas vraiment d'ici. On comprends que la ville a grandit trop vite mais en a perdu beaucoup en chemin, soit trop pauvre, soit trop ailleurs.

Le livre nous permet de se poser des questions, notamment sur cette ville de Séoul et de ses habitants. Ayant vécu pendant un an en tant qu'étudiante en échange, je comprends mieux comment tourne la ville. Ce livre représente pour moi une lecture obligatoire quand on cherche à mieux saisir Séoul. Le contexte historique est légèrement présent mais suffisamment pour comprendre ce développement accéléré. Je conseille donc cette lecture à toutes personnes souhaitant mieux comprendre les coréens et apprendre de cette ville qui est Séoul.

Camille Arnoux, M1 LCSA coréen.

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