Wednesday, October 26, 2016

Compte rendu de lecture : Heitzman. J, The City in South Asia, London and New York, Routledge, 2008, 300p

Compte rendu de lecture :

Heitzman. J, The City in South Asia, London and New York, Routledge, 2008, 300p


James Heitzman (1950 – 2008), était un professeur agrégé du département d'histoire de l'Université de l'état de Géorgie. Ses domaines d’intérêts englobaient l'histoire de l'Asie du Sud, l'urbanisation et les systèmes d'information. Ses recherches étaient concentrées sur l'Asie du Sud pré-moderne, en particulier le sud de l'Inde, ainsi que les dynamismes de l'urbanisme aussi bien dans le sud de l'Inde médiévale que dans la ville de Bangalore du 21ème siècle, la Sillicon Valley de l'Inde. Ce livre est le résultat de nombreuses périodes d'enquêtes de terrain, d'explorations et de recherches sur une période de 25 ans, dans la région sud asiatique comprenant l'Inde, le Pakistan, le Bangladesh, l’Afghanistan et le Népal. Les éditions Routledge publient des livres académiques, journaux, et ressources en ligne sur les sciences humaines et sociales. Le livre lui même fait parti d'une série qui explore les différentes facettes des villes contemporaines asiatiques selon de multiples perspectives propres à la ville et ses différentes facettes.
L'auteur, à travers l'histoire, l'économie, l'urbanisation et l'environnement, mais aussi la littérature, l'art, l'architecture et la religion, désir apporter une compréhension de l'Asie du Sud qui est aujourd'hui, et de part son histoire, non seulement la région la plus peuplé du monde mais possède aussi l'une des plus importante concentration de sites urbains de la planète.

L'ouvrage aborde quatre différents thèmes que l'ont retrouve au cours de la lecture. L'auteur utilise les bases économiques de l'urbanisation (environnement, production, échange, industrialisation, échange de capitaux, organisation de l'espace urbain...), l'organisation urbaine (organisation sociale, normes architecturales, organisation physique des colonies, design urbain, attribution des espaces...), la vie dans la ville (travail, classes, castes, différenciation de la population urbaine, gestion urbaine et centres socioculturels...) et les interactions des espaces et de leurs relations (entre développement régional, villes et globalisation).
Chaque chapitres présentent différents cas d'étude qui amplifient plus ou moins ces thèmes et démontre les interactions entre les acteurs et les changements dans l'environnement construit sur le temps long. Les chapitres vont tous dans un sens chronologique, ils sont modulables, dans un sens où tous peuvent être lus individuellement, mais suivent dans le même temps des discussions
thématiques à travers plusieurs périodes.

Dans son premier chapitre, l'auteur nous dépeint les premières traces d'urbanisation en Asie du Sud et date l'apparition du phénomène d'urbanisation aux alentours de 2500 avant J-C au Pakistan, en Inde et au Bangladesh, avec l’existence d'une société urbaine complexe et sophistiquée. Plus tard il décrit une seconde phase d'urbanisation qui sera le fondement d'un système urbain réorganisé et connecté avec les royaumes alentours et le commerce de l'océan Indien. Même si ce chapitre, présenté sous forme chronologique nous permet de mieux comprendre l'évolution de cette région, il est clairement adressé à des professionnels.
Le second chapitre, il met le doigt sur les différentes formes de pouvoir et d'autorités administratives qui ont façonné les villes. Notamment la religion et ses croyances, avec l'apparition de ville dites sacrés, et les changements au niveau militaire et politique qui ont abouti à un nouvel ordre de centre administratifs, le pouvoir religieux et politique jouent ensemble dans le processus de transformation de la ville en Asie du Sud. La concentration de ressources, d'intérêts commerciaux et l'intervention de l'état ont toujours été des lieux idéaux pour l'installation humaine sur le long terme, ces mêmes villes devenues de nos jours, les centres modernes des pays de l'Asie du Sud.
Le troisième chapitre se concentre sur la période où l'impérialisme européen voulait s'imposer par le commerce, et notamment par les différents comptoirs présents et comment leur présence (Portugais, Hollandais, Anglais, Français) va créer des ville-état sophistiquées. Puis sur le changement drastique que fut la prise de pouvoir par la Compagnie des Indes (Anglaise).
Sa quatrième partie témoigne des changements produits sur la ville après des transformations radicales dues aux pression sociales et politiques du moments, plus particulièrement durant la période du colonialisme britannique. Ainsi que les changement directement apportés par les colons, plus précisément dans l'industrie et entrepreneuriat qui modifia aussi l'environnement urbain. Au niveau social, l'apparition de nouveau loisirs (cinéma, cricket...) participent aussi à l'aménagement urbain.
Le dernier chapitre se déroule après le départ des colons britanniques et le profond impact qui s'ensuit, les énormes changements démographiques qu'a connu la région et les décisions de développement prises par le gouvernement Indien.

L'auteur de manque pas d'illustrer ses propos en utilisant tableaux, cartes et images ainsi que de nombreux exemples empruntés à la littérature et au cinéma. Son importante bibliographie, composés d'ouvrages de la fin des années 1980 à 2007, proviennent de domaines très variés (histoire, archéologie, architecture, cinéma, littérature...).
Pour lui, c'est au lecteur de décider de la qualité du projet, ou de comment le digérer et se l'attribuer. Mais c'est vrai que l'utilisation de films à la fin de l'ouvrage nous aide à mieux comprendre la ville et toutes les sphères qui lui sont liées.
De même, la façon dont l'auteur nous énonce ses recherches, est assez technique et sérieux (assez orienté pour les professionnels), mais aussi fluide et sensible avec parfois des pointes d'humour, laissant de la place aux lecteurs aventureux, avides de nouvelles connaissances.

Même si ce travail ne fonctionne pas comme une source primaire ou secondaire de ma recherche, il m'a permis d'apprendre qu'il ne fallait pas se contenter d'une seule vision ou approche de notre sujet, mais aussi utiliser d'autres domaines.

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