Tuesday, October 25, 2016

CR_SANCHEZ




Compte-rendu d’ouvrage


Ouvrage : Hanes Jeffrey E., The City as Subject: Seki Hajime and the Reinvention of Modern Osaka, University of California Press, 2002, 360p


Introduction :
Jeffrey E. Hanes est maître de conférences à l’université d’Oregon, et historien spécialisé dans le domaine des études asiatiques. Ses recherches traitent généralement de la question du développement dans les pays asiatiques. Nous pouvons compter parmi ses publications :
- Mass Culture/Subcultures/Popular Culture: Modern Life in Interwar Japan, Yoshimi Shunya, 1996
- From Megalopolis to Megaroporisu, Journal of Urban History, Février 1993
- Social Science Research Council Research Fellow, 1993-1995
- Japan Foundation Research Fellow, 1995 
Les sources utilisées par l’auteur me semblent correctes, bien qu’il aurait été plus utile selon moi d’ajouter des notes en bas de pages plutôt qu’à la fin de l’ouvrage. Aussi, Hanes se base sur des citations de plusieurs auteurs pour confirmer ses choix descriptifs, narratifs et ses propos, ce qui offre un aspect vraiment complet et fiable à l’ouvrage. Certaines parties sont aussi accompagnées de photographies légendées et bien ordonnées, qui sont des éléments adéquats pour se faire une meilleure idée de ce dont nous parle l’auteur.


Compte-rendu :
Dans cet ouvrage, l’auteur nous fait part de la vie et des combats de Seki Hajime, qui fut le maire de la ville d’Osaka de 1923 à 1935, et tente d’établir par le biais de ce personnage les fondements du progressisme social au Japon, ainsi que les enjeux urbains, sociaux et économiques qui l’accompagnent.

                Il tente d’abord de déterminer les raisons qui ont conduit Seki à devenir ce libre penseur qui voyait la ville d’Osaka comme un ensemble social et dynamique dont développement devait selon lui dépendre du bien-être des groupes sociaux qui l'habitaient.
                Il choisit donc de présenter l’expérience familiale de ce personnage dans une biographie relevant les aspects essentiels de sa vie, entrecoupée de photographies venant appuyer les dire de l’auteur. Les documents utilisés sont fiables et la tâche de l’auteur est de reconstituer la portée significative de ces photographies afin de recréer le contexte privé dans lequel la famille Seki est représentée. Sa façon de faire m’a paru plutôt originale car l’auteur se lance dans diverses analyses photographiques afin d’en extraire des informations viables. Ainsi, l’auteur nous démontre que Seki devait sans doute penser que face à un pays rongé par un capitalisme grandissant, le privilège de la famille dans la société pouvait sans doute devenir le ciment d’une nation unie et permettre un développement plus sain du pays.

                Ensuite, il nous explique comment Seki chercha peu à peu à relever certains défis économiques dans un contexte d’après-guerre brutal pour le Japon, en se basant sur un programme impliquant des grands changements sociaux-culturels. Seki essaie notamment de reconceptualiser le terme d’ « économie » en « économie nationale du peuple » (kokumin keizai), et en s’inspirant du modèle économique allemand.
                L’auteur expose et oppose donc par la suite les points de vue de Karl Marx  ̶   économiste et communiste allemand  ̶   et de Friedrich List   ̶   économiste et nationaliste allemand  ̶ . Il semblait en effet tout à fait approprié d’examiner leur différence, étant donné que l’idéologie de List représentait le point fondamental de l' « économie nationale du peuple » de Seki, et que celle de Marx avait été son inspiration quant à sa conversion au réformisme social. L’auteur explique donc comment Seki a finalement réussi à trouver un point commun à ces deux idéologies opposées et à les unifier dans ses idées réformistes.

                Hanes nous fait ensuite part du rapide développement industriel de l’ère Meiji dans les années 1890, et nous expose les phénomènes qui l’accompagnaient. On peut noter par exemple l’accroissement de la main-d’œuvre qui soulève inévitablement la question de la protection au travail, qui s’avérait être une priorité faible à cette époque. On y apprend aussi que les conflits entre ouvriers mécontents avaient secoué le pays, et que cela représentait une menace à l'ordre social établi. Le gouvernement avait donc instauré diverses mesures pour y remédier. Il traite ainsi  des problèmes sociaux et urbains liés à l’industrialisation croissante du Japon, et des idées de Seki pour réformer ce système.

                Puis, l’auteur nous expose les détails qui ont peu à peu amené Seki à accepter le poste d’adjoint du maire d’Osaka, et quelles ont été ses réformes sociales afin de rendre la ville plus habitable et organisée, à une époque où les contextes sociaux-économiques ne furent pas stables, notamment suite à la Première Guerre Mondiale qui entraina le déclin économique de nombreuses villes japonaises.
L’auteur nous délivre donc les principales tâches confiées à Seki par le maire de la ville Ikegami, et sa façon de faire face à un contexte historique variable dans lequel le Japon se trouve dans un premier temps en voie de développement, puis en déclin économique suite à la guerre.

                Ce n’est que par la suite que l’auteur nous fait part du programme de Seki visant à appliquer des réformes urbaines d’envergure à Osaka et ainsi transformer la « Capitale de la Fumée » en une ville habitable.  On observe donc les réflexions et des mesures mises en œuvre par Seki pour arriver à réaliser ce projet, mais aussi les barrières qu’il rencontra et les raisons de ses réussites et de ses échecs. Cette partie est selon moi assez similaire à la précédente dans sa structure, la différence majeure étant que la précédente traite plutôt de problèmes sociaux-économiques, tandis que celle-ci traite de problèmes urbains.

                Pour conclure, je recommande la lecture de cet ouvrage dans lequel l’auteur se donne pour objectif de nous faire part du développement du Japon, et plus particulièrement de la ville d’Osaka, en étudiant de façon ingénieuse l’impact qu’à eu Seki Hajime sur la ville, et quels ont été les moteurs et freins à ses projets. C’est donc selon moi un défi relevé avec succès pour cet auteur, car j’ai compris les nombreux enjeux présents à cette époque qui ont contribué à construire et façonner le Japon que nous connaissons aujourd’hui. C’est donc selon moi un sujet très intéressant.

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