Tuesday, November 14, 2017

Saigon : Evolution, urbanisme et patrimoine


La ville de Saigon renommée Ho Chi Minh ville en 1976 a subi plusieurs mutations au cours de son histoire. Ces changements dans l’urbanisme sont à lier avec l’influence des puissances voisines et étrangères. En effet, dans un premier temps suite à l’installation de commerçants chinois au XVIIe siècle, la ville s’est tournée vers un impératif commercial avec pour caractéristiques des boutiques au rez-de-chaussée et une forte connexion aux canaux par exemple…
Avec la présence française c’est un nouveau concept d’urbanisme qui s’implante au Vietnam. Inspiré par les rénovations haussmanniennes, c’est une ville avec tout le confort occidental qui est créée dans les années 1860 (espaces verts, hiérarchie des rues en damier…). La fonction commerciale est ingérée et rationalisée dans le nouvel urbanisme (ville peu dense, arborée, avec des villas).

Plan du projet Coffyn (nom du colonel qui l’a mis en place) le plus représentatif de ce réaménagement.
Ce projet avait tout d’abord pour but d’étendre les limites de la ville de sorte à ce qu’elle suive un plan orthogonale entourée de toute part par différents cours d’eau. Il avait aussi pour but de construire des infrastructures permettant d'accueillir jusqu’à 500 000 personnes séparés en deux quartiers principaux : l’un administratif et l’autre commercial caractérisé par un tout nouveau système d’acheminement des eaux souterrain. Même si le plan n’a pas entièrement fonctionné, il a permis à la ville de s’étendre considérablement. Et petit à petit la future métropole du Sud-Vietnam voit se mettre en place une structure urbaine moderne, dont les empreintes perdurent en centre-ville jusqu’à aujourd’hui.
Par exemple en ce qui concerne les bâtiments et l’architecture de la ville, il y a encore très clairement une trace du passage colonial. On le voit avec les nombreuses villas coloniales ou autres constructions de ce type qui ont été conservées en changeant simplement leur fonction. Le patrimoine que Ho Chi Minh Ville mit en valeur est bien le patrimoine laissé par la période coloniale et non celui qu’on peut apercevoir dans les quartiers chinois par exemple. Cela s’explique par le fait que la ville attire de plus en plus de touristes venant de toute l’Asie et que ces derniers recherchent une certain “exotisme”, qu’ils trouvent dans les bâtiments de type occidentaux.

Cependant au vu de la modernisation du Vietnam, l’urbanisme tend à se modifier. Il y a la présence de plus en plus forte d’immeubles, de zones résidentielles… Cette modification de l’urbain induit une mutation des rapports sociaux, la rue comme élément de la sociabilité vietnamienne laisse place aux relations de voisinage dans l’immeuble. En revanche on constate la résurgence des anciens modes de sociabilité. On voit notamment des portes laissées entrebâillées, solidarités de voisinage (coiffeur, éducation…).
Pour finir, voici un plan de la ville aujourd’hui :





Pierre Jacquemet

Jeanne Rock

Tuesday, November 7, 2017

Questions de patrimoine à Hong Kong

Lorsque l’on parle d’aménagement urbain à Hong Kong, le facteur environnemental est à prendre absolument en considération. Sur un territoire limité, dont la topographie et l’écologie constituent un défi pour la ville, la marge de manœuvre est forcément réduite. Le développement urbain de la ville s’est fait en parallèle de son développement économique rapide, et pour que cette essor se poursuive il est capital de dynamiser l’espace et de l’optimiser. En témoignent les plans d’urbanisme mis en place depuis les années 1970 concentrés sur l’agrandissement des réseaux de transports et sur la multiplication des gares et points d’accès à ces transports. Ces derniers deviennent des centres économiques dynamiques et stimulant dans les zones touchées, et constituent un véritable marché d’avenir. 


 
On comprends alors aisément que cette tendance se poursuive au dépends des infrastructures préexistantes, qui en dépits de leur valeur patrimoniale constituent un obstacle à cette optimisation. La destruction de lieux de mémoire ne se fait pas sans opposition, comme dans les cas célèbres de l’embarcadère du Star Ferry et de l’ancienne tour de l’horloge, détruits en 2006 au profit d’une voie rapide. Fermé en 2007 pour être détruit, l’embarcadère Queen’s Pier a mobilisé autour de sa disparition des manifestations et sit-in le défendant comme un symbole culturel de la pratique du ferry à Hong Kong.

En particulier depuis la rétrocession à la Chine en 1999, les controverses sur le maintien des lieux de patrimoines se sont multipliées, et ont vu s’affronter les protecteurs de ces lieux et les milieux d’affaire impliqués dans les plans urbains déjà évoqués. Des milieux soutenus par le gouvernement de la région. Le soutient des quelques ONG locales et internationales est d’une aide limitée, d’autant que le gouvernement ne cherche pas à consacrer des lieux clés de la ville comme témoins d’une culture propre à Honk Kong. À ce titre, il est intéressant de noter que les lieux mentionnés ne sont pas forcément significatifs d’un patrimoine en soi, mais leur destruction mobilise et émeut néanmoins. Alors que d’autres témoignages urbains ont été par le passé détruit en nombres sans que cela ne suscite une opposition, comme les bâtiments coloniaux rasés dans les années 1960 et 1970.

Ainsi, comme le montre Sebastian Veg, il y a à Hong Kong un problème dans la notion même du patrimoine, et dans le maintient des lieux de mémoire qui sont très peu présents. La mémoire culturelles étant beaucoup plus liée aux pratiques et à la sphère privée, non à la ville et l’espace public.

Probablement en relation avec ces destructions, et avec l’essor récent de l’influence culturelle de Hong Kong dans le monde - notamment grâce au cinéma - un mouvement subséquent de réinvestissement des espaces urbains pour la promotion de la mémoire culturelle a vu le jour. Des zones moins dynamiques et délaissées industriellement se sont vues prise d’assaut par des collectifs d’art, des musées et des centres d’exposition, comme la zone industrielle de North Point, ou le projet de West Kowloon. La montée en reconnaissance et influence de ces lieux, même si elle ne bénéficie que d’un appui limité du gouvernement (mais appui tout de même), est probablement le creuset d’un regain de projection patrimoniale dans l’urbain. De nouveaux lieux de mémoire.


Sources :

Henry, Gérard, « Art et Culture : Hong Kong ou la création d’une mémoire collective », Perspectives chinoises [En ligne], 2007/2 | 2007, mis en ligne le 03 avril 2008, consulté le 25 octobre 2017. URL : http://perspectiveschinoises.revues.org/2853


Tiry, Corinne, « Hong Kong : un avenir urbain modelé par les transports ferroviaires », Perspectives chinoises [En ligne], 78 | juillet-août 2003, mis en ligne le 06 novembre 2006, consulté le 25 octobre 2017. URL : http://perspectiveschinoises.revues.org/154
 
Veg, Sebastian, « Le patrimoine culturel à Hong Kong », Perspectives chinoises [En ligne], 2007/2 | 2007, mis en ligne le 01 avril 2010, consulté le 25 octobre 2017. URL : http:// perspectiveschinoises.revues.org/2783

Le patrimoine urbain face à la modernisation à Pékin

Le patrimoine urbain face à la modernisation à Pékin

La Chine connaît depuis la fin des années 70, une ère de réformes visant à moderniser la république populaire, sortie déstabilisée du Maoïsme. Passée la nécessité de faire “table rase du passé” de l’ère maoïste, la situation a donc évolué, les autorités ont pris conscience des avantages que présente la conservation du bâti ancien. L'urbanisme chinois n'échappe pas à la modernisation et tente de s'adapter aux bouleversements économiques et socio-culturels que soulève la transformation du pays.
Le cas de Beijing est à part au sein de la problématique urbaine chinoise. La capitale impériale possède un patrimoine urbain ancien très développé, notamment un maillage de voirie complexe. Les pékinois passent pour une population attachée à l’histoire du pays, leur conscience du passé étant maintenue par l'omniprésence du patrimoine évoquée ci dessus. Les besoins d’aménagements de la ville sont cependant parmi les plus importants du pays, la ville attire un nombre grandissants de travailleurs et de touristes et se modernise en conséquence.
C’est dans ce contexte que s’affrontent les velléités de conservation et de modernisation. Ainsi, habitations traditionnelles, temples, et paysages urbains représentatifs disparaissent face à l’accélération de l’urbanisation, remplacés soit par de nouveaux bâtiments, soit par une reconstruction du patrimoine à l’identique, mais qui pose ainsi un soucis d’authenticité. En effet, la mondialisation, entre autres effets, amène les états en compétition à la valorisation recreo-culturelle de leurs territoires, la « touristification ».
La marchandisation des espaces urbains patrimoniaux à Pékin connaît deux dynamiques. D’une part la rentabilisation de grands espaces modernisés au maximum souvent sans prise en compte de l’historicité des lieux, et d’autre part, la mise en place d’espaces patrimoniaux protégés La municipalité pékinoise place en effet certains quartiers sous protection. Ces zones protégées jouent un grand rôle dans l'attractivité de la ville tant pour les étrangers que pour les chinois eux-mêmes. Mais il convient de noter que cette valorisation reste sélective : le gros des hutongs et des quartiers traditionnels cèdent la place aux aménagements suburbains.
Si ces pratiques ne sont pas forcément contestables du point de vu de la conservation du patrimoine, présentant juste un modèle différent de l’européen, elles peuvent cependant l’être dans leur impact sur la population. Pour les plus pauvres notamment,  qui sont parfois chassés de chez eux par les aménagements. Souvent très mal indemnisés et obligés de trouver des quartiers moins onéreux pour vivre plus loin dans la périphérie de la ville, bien loin du centre où ils vivaient précédemment, leur déracinement est la cause de tensions sociales supplémentaires.

Guilhem Cousin-Thorez et Ludivine Gérard
Sources :
Patrimoine et tourisme urbain. La valorisation de l’authenticité à Lyon et Pékin, Yves Bonnard et Romain Felli,Journal of Urban Research, 2008
Un lien vers le site du Beijing Cultural Heritage Protection Center, une ONG de protection du patrimoine culturel pékinois
(http://en.bjchp.org/?page_id=15)
L'avenir du vieux Pékin et le conflit entre modernisation et conservation, Sandrine Chenivesse, 2002.
(http://www.persee.fr/doc/befeo_0336-1519_2002_num_89_1_3580)
La médecine chinoise et la tentation du patrimoine, Fréderic Obringer, 2011
(https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-00661759/document)



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Chine, environnement et philosophie, René Barbier

PÉKIN, SHANGHAI, HONG KONG TROIS DESTINS DE VILLES DANS L'ESPACE CHINOIS Thierry Sanjuan, 2001
(https://www.cairn.info/revue-herodote-2001-2-page-153.htm)
Le patrimoine ä Pekin, entre destruction et detournement Les effets d'une gouvernance urbaine entrepreneuriale,Romain Felli, 2005
(https://www.geogr-helv.net/60/275/2005/gh-60-275-2005.pdf)
La contribution de la Culture Traditionnelle Chinoise à la communication sur le Développement Durable Min Li
(https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00624573/document)

Monday, November 6, 2017

Y'a t-il une préservation et une évolution du patrimoine à Séoul ?

Le ​ ​patrimoine ​ ​culturel ​ ​est ​ ​une ​ ​transmission ​ ​à ​ ​une ​ ​personne, ​ ​une ​ ​ville, ​ ​un ​ ​pays, ​ ​et ​ ​même ​ ​de
l’humanité.
​ ​Cette ​ ​transmission ​ ​de ​ ​cet ​ ​ensemble ​ ​de ​ ​richesses, ​ ​transmissent ​ ​par ​ ​les
générations
​ ​précédentes, ​ ​est ​ ​évaluée ​ ​comme ​ ​un ​ ​héritage ​ ​commun ​ ​qui ​ ​est ​ ​constitué ​ ​par ​ ​des
monuments,
​ ​des ​ ​sites ​ ​archéologiques, ​ ​des ​ ​œuvres ​ ​d’arts, ​ ​mais ​ ​aussi ​ ​par ​ ​des ​ ​traditions ​ ​et
des
​ ​savoir-faire ​ ​d’autrefois. ​ ​Il ​ ​existe ​ ​différents ​ ​types ​ ​de ​ ​patrimoine, ​ ​comme ​ ​le ​ ​patrimoine
naturel
​ ​qui ​ ​se ​ ​compose ​ ​de ​ ​sites ​ ​naturels ​ ​et ​ ​des ​ ​espèces ​ ​qui ​ ​y ​ ​vivent.
La
​ ​protection ​ ​du ​ ​patrimoine ​ ​peut ​ ​aussi ​ ​bien ​ ​être ​ ​matériel ​ ​qu’immatériel. ​ ​A ​ ​Séoul, ​ ​plusieurs
projets
​ ​de ​ ​préservation ​ ​et ​ ​de ​ ​protection ​ ​sont ​ ​mis ​ ​en ​ ​place ​ ​chaque ​ ​année, ​ ​comme ​ ​le ​ ​célèbre
Tripitaka
​ ​Koreana. ​ ​La ​ ​préservation ​ ​peut ​ ​être ​ ​effectuée ​ ​sous ​ ​plusieurs ​ ​formes, ​ ​afin​ ​de
conserver
​ ​d’une ​ ​telle ​ ​manière ​ ​à ​ ​ce ​ ​qu’il ​ ​y ​ ​est ​ ​toujours ​ ​une ​ ​trace ​ ​de ​ ​ce ​ ​patrimoine ​ ​:
numérique,
​ ​copie ​ ​du ​ ​patrimoine... ​ ​Il ​ ​existe ​ ​donc ​ ​un ​ ​lien ​ ​étroit ​ ​entre ​ ​le ​ ​patrimoine ​ ​matériel ​ ​et
immatériel.
​ ​Avec ​ ​la ​ ​forte ​ ​modernisation, ​ ​la ​ ​République ​ ​de ​ ​Corée ​ ​s’est ​ ​inspirée ​ ​des ​ ​mesures
créées
​ ​au ​ ​Japon, ​ ​qui ​ ​n’est ​ ​autre ​ ​que ​ ​la ​ ​protection ​ ​du ​ ​patrimoine ​ ​culturel ​ ​immatériel. ​ ​Ce
dispositif
​ ​comprend ​ ​des ​ ​œuvres ​ ​culturelles ​ ​immatérielles ​ ​ayant ​ ​une ​ ​valeur ​ ​culturelle,
artistique,
​ ​historique...qui ​ ​permet ​ ​de ​ ​montrer ​ ​les ​ ​modifications, ​ ​mais ​ ​surtout, ​ ​l’évolution ​ ​de
vie
​ ​des ​ ​coréens ​ ​et ​ ​de ​ ​son ​ ​patrimoine.
Les
​ ​coréens ​ ​comme ​ ​d'autres ​ ​pays ​ ​d'Asie ​ ​ne ​ ​conservaient ​ ​pas ​ ​leurs ​ ​monuments ​ ​historiques.
Ils
​ ​les ​ ​détruisaient ​ ​pour ​ ​construire ​ ​d'autres ​ ​bâtiments ​ ​plus ​ ​modernes. ​ ​Comment ​ ​démontrer
l’évolution
​ ​du ​ ​patrimoine ​ ​dans ​ ​une ​ ​ville ​ ​comme ​ ​Séoul ​ ​qui ​ ​ne ​ ​cesse ​ ​de ​ ​bouger ​ ​et ​ ​de ​ ​changer
de
​ ​plus ​ ​en ​ ​plus ​ ​vite ​ ​? ​ ​Le ​ ​patrimoine ​ ​est ​ ​conservé ​ ​comme ​ ​certains ​ ​temples ​ ​et ​ ​palais, ​ ​se
retrouvant
​ ​entourés ​ ​d'immeubles ​ ​tous ​ ​plus ​ ​ultra ​ ​moderne ​ ​les ​ ​uns ​ ​que ​ ​les ​ ​autres, ​ ​mais
protégés
​ ​par ​ ​la ​ ​volonté ​ ​des ​ ​coréens ​ ​à ​ ​préserver ​ ​leur ​ ​identité ​ ​​ ​au ​ ​colonialisme ​ ​japonais ​ ​et
à
​ ​s'affirmer ​ ​en ​ ​tant ​ ​que ​ ​culture ​ ​à ​ ​part ​ ​entière ​ ​entre ​ ​les ​ ​deux ​ ​grandes ​ ​puissances ​ ​qui
l'entourent.
​ ​De ​ ​nombreux ​ ​musées ​ ​sont ​ ​créés ​ ​rappelant ​ ​les ​ ​périodes ​ ​les ​ ​plus ​ ​dures ​ ​de ​ ​l'Histoire
(comme
​ ​la ​ ​prison ​ ​de ​ ​Seodaemun ​ ​qui ​ ​fut ​ ​transformée ​ ​en ​ ​musée ​ ​pour ​ ​retracer ​ ​la ​ ​période
sous
​ ​colonisation ​ ​japonaise) ​ ​ou ​ ​juste ​ ​pour ​ ​rappeler ​ ​les ​ ​anciennes ​ ​traditions ​ ​du ​ ​pays.
Le
​ ​patrimoine ​ ​dans ​ ​la ​ ​ville ​ ​de Séoul ​ ​est ​ ​donc ​ ​protégé ​ ​et ​ ​ayant ​ ​des ​ ​évolutions ​ ​afin ​ ​de ​ ​préserver tout ​ ​héritage ​ ​de ​ ​cette ​ ​nation. ​ ​Ce ​ ​patrimoine ​ ​et ​ ​tout ​ ​ce ​ ​qui ​ ​l'entoure, ​ ​ne ​ ​cessera​ ​d'évoluer ​ ​et de ​ ​se ​ ​densifier ​ ​tant ​ ​que ​ ​l'être ​ ​humain ​ ​avancera ​ ​dans ​ ​les ​ ​siècles.

Par Marjolaine S et Charlotte BS
Sources : 
http://www.culturecommunication.gouv.fr/Thematiques/Patrimoine-culturel-immateriel/Candidater-instances-et-modalites/La-legislation-sur-le-PCI-dans-le-monde/La-legislation-sur-le-patrimoine-culturel-immateriel-en-Republique-de-Coree 

 https://www.universalis.fr/encyclopedie/seoul/4-entre-patrimoine-architectural-menace-et-desordres-urbains/ 

 icom.museum/fileadmin/user_upload/pdf/.../p22_2004-4.pdf



  

Wednesday, October 11, 2017

Démolitions et reconstructions dans la ville de Hanoï

Démolition et reconstruction dans la ville de Hanoï
        Comme nous l’avons expliqué dans notre précédent billet, Hanoï est une ville en pleine transition au niveau de son urbanisation, de sa démographie, de son économie et de son attraction touristique (nomination à l’UNESCO en 1999).
De nouveaux projets émergent par cette nécessité comme en 1998, où l’accent est mis sur la rénovation et la construction des voies de communication. Outre la solution de s’étendre, la destruction de l’ancien pour reconstruire des édifices rationalisant l’espace (loger le plus de personnes possibles sur une surface réduite) semble être une autre réponse à ce problème. Cependant cette solution apporte des difficultés sociales, notamment dans les déplacements de population parfois très loin de leurs lieux d’origine et leurs maigres compensations.
Corrélée à cette problématique, se pose alors l’interrogation sur la préservation du patrimoine. En effet, dans la mesure où la ville devient de plus en plus touristique, il devient nécessaire de préserver et rénover les anciennes constructions. Par exemple, le quartier français de Hanoï menacé depuis quelques années par de nombreux projets immobiliers qui détruisent les villas coloniales tant appréciées par les étrangers. Pour parer à cette menace, une identification de 1400 bâtiments coloniaux a été dressée, dont 600 considérés comme « exceptionnels ». Avec l’aide de l’IMV, Hanoi a ensuite bloqué toutes mesures de destruction en attendant l’élaboration d’un projet de sauvegarde et de restauration.

Plan des règlements d’urbanisme au sein du quartier français de Hanoï en vue de sa préservation

Donc malgré les nombreuses destructions occasionnées par la pression démographique, des mesures de sauvegarde du patrimoine sont mises en action. Cependant, elles sont principalement le fait de pressions et d’accords internationaux plus que d’une réelle volonté politique même si Hanoi en tire des bénéfices touristiques et économiques.
Pour finir, il est également important de noter que le rythme des constructions et des démolitions au sein de Hanoi entraîne une grande production de déchets industriels, notamment de béton provenant de bâtiments démolis. Ces déchets, nommés C&D (Construction & Demolition), augmentent, sans être recyclés, au fur et à mesure que croît la ville. Ce faible recyclage s’explique par un nombre restreint d’infrastructures spécialisées et une demande peu élevée. De plus l’enfouissement de ces déchets coûtent moins cher.
Quertamp Fanny, « La périurbanisation de Hanoi. Dynamiques de la transition urbaine vietnamienne et métropolisation », Annales de géographie, 2010/1 (n° 671-672), p. 93-119. DOI : 10.3917/ag.671.0093. URL : https://www.cairn.info/revue-annales-de-geographie-2010-1-page-93.htm
http://www.academia.edu/8719465/Hanoi_une_ville_en_mouvement-Limpact_dune_nouvelle_infrastructure_de_transport_sur_le_d%C3%A9veloppement_urbain
Nguyen Quan Son, « La métropolisation à Hanoi : un éclairage par les croissances et dynamiques urbaines », Moussons [En ligne], 25 | 2015, mis en ligne le 24 septembre 2015, consulté le 10 octobre 2017. URL : http://moussons.revues.org/3272 ; DOI : 10.4000/moussons.3272
Huynh Thi Bao Chau, Patrimoine architectural, urbain, aménagement et tourisme: ville Hôi An–Viêt Nam, Toulouse 2, 2011.
Jeanne Rock
Pierre Jacquemet
Célyne Degas

Chloé Alcaïno

Wednesday, October 4, 2017

Prendre la mesure d'une ville : Séoul, ville de lumière



               
 Moteur d’une croissance économique exceptionnelle, Séoul est également un symbole touristique et culturel de renommée mondiale. Malgré l’invasion japonaise, elle a su conserver ses traditions cachées, les ruelles étroites des vieux quartiers et se réinventer au fil des années.



La vie est particulièrement agréable pour les habitants de la ville électrique, dès 2014 le gouvernement coréen a mis en place des mesures politiques pour améliorer leur quotidien.
Séoul possède l’un des réseaux de transport les plus performant au monde, avec un réseau de bus comptant près de 200 lignes, les stations sont indiquées en anglais et les rames de métro annoncés en Anglais, Chinois, Japonais et bien évidement, Coréen, ce qui traduit sa modernité et son implication à l’international.
 
L’aéroport international d’Incheon se trouve à une cinquantaine de kilomètres de la ville, il est construit sur une face gagnée sur la mer qui accueille également de nombreux hôtels. Les compagnies aériennes Korean Air et Asiana ont des liaisons dans toutes les plus grandes villes d’Extrême orient et de l’Asie du Sud-Est.
Le train, KTX - équivalent de notre TGV- circule en Corée du sud depuis 2004, le trajet reliant les deux plus grandes villes de Corée, Séoul-Busan se fait en 3h.

Le gouvernement s’implique dans la gestion de la pollution de la ville en mettant en place des infrastructures telles que le réseau des bus électriques et encourage ses habitants à prendre le vélo. La politique environnementale de la ville est un modèle international, Séoul a remporté en avril
2017 l’Earth Hour City Challenge, compétition organisée par WWF dans le but d’honorer les villes engagées en faveur du climat. Depuis 2011, une politique de « désengorgement » de la ville est mise en place, notamment dans le domaine des transports, en parallèle, le gouvernement a lancé en 2012 une initiative d’économie de la production électrique. La mégapole encourage les particuliers et les entreprises à produire du courant à partir d’énergies renouvelables.
Les cinq principaux moteurs économiques de la ville sont :
- La mode et l’habillement
- L’imprimerie et l’édition
- Les services financiers
- Les services aux entreprises
- La création numérique
En 2010 la ville accueille un regroupement mondial et signe là son plan d’action. Elle était la première nation ne faisant pas partie de G8 à accueillir un sommet du G20, ce qui traduit son implication concernant la diplomatie internationale et sa notoriété de ville mondiale qui s’accroisse de plus en plus.

Séoul est une ville moderne, marquée par son histoire, mais tournée vers le futur. La mégapole en constante mutation ne cesse de se développer. Pas seulement ville du pays du matin calme, elle est la ville de la tombée de la nuit, illuminée et incroyablement vivante, son futur est indéniablement international.

Liens: http://french.seoul.go.kr/
Crédits photos:  http://corevasion.net/bukchon-un-village-de-hanoks-dans-la-capitale-coreenne/

Tuesday, October 3, 2017

Prendre la mesure de Mumbai

Mumbai, également appelée Bombay jusqu’en 1995, est la capitale de l’Etat du Maharashtra, dans l’ouest de l’Inde. Bien que n’étant pas sa capitale, elle en est néanmoins l’agglomération urbaine la plus peuplée du pays – 18 millions d’habitants en 2011, dont 12 millions pour la ville seule – qui rassemble 13 autres villes.


Son développement commence dès l’arrivée des occidentaux en Inde : sa position en tant que ville côtière offre un atout majeur pour le commerce, et se modernise très vite avec notamment la construction de la première ligne de chemin de fer indienne en 1853, reliant Bombay à Thane. L’agglomération de Mumbai compte aujourd’hui deux ports et une forte activité industrielle. D’abord spécialisée dans l’industrie textile à destination de l’Europe jusqu’au début du XXème siècle, la ville s’est depuis diversifiée dans ses exportations et sa production industrielles, notamment les aciéries et l’industrie automobile. De ce fait, Mumbai est en constante évolution – notamment avec la création de Navi Mumbai – et les usines de textile aujourd’hui fermées sont peu à peu remplacées au profit d’autres industries plus rentables. Une ligne de métro est également en cours de construction afin d’améliorer le transport urbain.

Mumbai est par ailleurs le berceau du Bollywood – la contraction de « Bombay » et « Hollywood » - un genre cinématographique proche de la comédie musicale, réalisés principalement en hindi et reprenant des textes littéraires ou pièces de théâtre célèbres. Depuis le début du XXème siècle la plupart de ces films sont destinés à un public international.

Mumbai est une métropole majeure de l’Inde actuelle, car elle en est la capitale économique. On y trouve par exemple les sièges sociaux de nombreuses banques indiennes ainsi que les deux Bourses que compte le pays, à savoir la Bombay Stock Exchange (BSE) et la National Stock Exchange (NSE).
En outre, la métropole avec un PIB de 820 milliards de dollars se place à la 14ème place des villes les plus riches du monde selon The Economist Times. Cependant, contrairement à ce que l'on pourrait penser, Mumbai abrite également une des populations les plus pauvres au monde. En effet, plus de 50 % de la population de Mumbai(environ 6 millions et demi de personnes) vivrait dans des bidonvilles. Ainsi, Mumbai avec ses 45,000 millionnaires, 28 milliardaires et 6 millions et demi de pauvres aurait une des populations les plus inégales au monde.


Pour conclure, Mumbai avec sa culture et son économie est sans aucun doute une métropole émergente dont certaines problématiques ralentissent malheureusement sa modernisation, comme par exemple : un système sanitaire quasi-inexistant qui a pour conséquence une pollution des eaux, de l'air et du sol.



Célyne Degas
Manon Blaya
Yuan Fang