Sunday, October 20, 2019

La « question urbaine »: défi environnemental & contrôle social


En quelques décennies, la Chine est devenue une puissance économique mondiale à prendre en compte. Ce développement économique rapide s’est cependant accompagné de problèmes environnementaux importants qui font de la Chine le pays qui émet le plus de CO2. La pollution due aux usines, notamment à la production de charbon, se transmet non seulement à l’air mais également à l’eau. Ce n’est que dans les années 1990 que la municipalité de Pékin commence à prendre des mesures pour améliorer les conditions environnementales. Depuis, la qualité de l’air et la gestion de l’eau se sont quelques peu améliorées et la pollution de l’eau à quelque peu diminué. Lorsque Pékin accueille les Jeux Olympiques en 2008, nettoyer et améliorer la protection de l’environnement devient rapidement une priorité pour la municipalité de Pékin. Pour contrôler la pollution industrielle, la capitale décide notamment de délocaliser plusieurs dizaines d’usines en dehors de la ville, dans les provinces alentours comme Hebei. Le but est de renforcer la qualité de l’air et de l’eau, et d’encourager la formation d’entreprises plus respectueuses de l’environnement afin de maintenir le développement économique de la Chine. Cependant, les citoyens ont toujours été conscients du fait qu’une fois les Jeux Olympiques terminés, la pollution reviendrait de façon plus importante. Face aux problèmes de santé qu’elle entraîne, les citoyens perdent espoir et ne cherchent pas toujours à se faire entendre du gouvernement par peur de celui-ci. La mise en place du système de surveillance n’est en réalité qu’une façon de mieux contrôler ses citoyens et les critiques à l’encontre du gouvernement sur sa façon de gérer les problèmes environnementaux du pays. Cela encourage, se faisant, une fracture entre l’Etat et la société.


Emilie ROPITEAU

Inégalité urbaine, bulle immobilière et protection sociale

Après avoir connu pendant plus de trente ans, une croissance économique exceptionnelle due aux réformes d’ouverture du pays dans les années 1980, la Chine est aujourd’hui, face à une défaillance de son système social. Malgré, l’intérêt du gouvernement chinois à réduire les disparités traditionnelles existantes entre les campagnes et les villes, de nouvelles inégalités propres aux zones urbaines se sont ajoutées. Avec le plan d’urbanisation et l’arrivée progressive de main d’œuvre - principalement des travailleurs migrants de zones rurales – la pauvreté et le déséquilibre urbain, se sont effectivement creusés à la fin des années 1990. Ces situations inégalitaires au cœur même des villes, avec distinction de classe sociale – ceux qui ont profité de l’ouverture de la Chine à l’économie mondiale, et toutes les autres catégories de la population urbaine – n’ont pas permis le même accès aux services sociaux mis en place par le gouvernement. Il est intéressant de mettre en exergue, que la réforme de protection sociale urbaine en Chine, amorcée dans les années 1980, se divise, comme le montre l’analyste Xian Huang, en deux parties : « entre les initiés et les non-initiés du marché du travail (distinction entre la possibilité d’avoir un contrat formel ou non), et entre salariés du secteur public et du secteur non-public ». Cette division arbitraire entre quatre groupes de sociétés montre réellement la politique sociale réformiste du gouvernement chinois. Par ailleurs, la migration continue vers les villes provoque une demande de plus en plus forte de logement urbain. L’accès au logement est, dans la culture chinoise, signe d’ascension sociale et de bonheur, mais pour les jeunes ou les migrants de zones rurales vers les villes, ce rêve de posséder une maison est de plus en plus difficile à réaliser. 


Margaux Dulac 

Friday, October 18, 2019

La « question urbaine »: défi environnemental & contrôle social


Les politiques chinoises concernant la pollution et l’empreinte carbone sont souvent palliatives et insuffisantes. Certes l’instauration d’un système de monitorage des particules fines dans les villes et la volonté de déplacer les industries polluantes sont des actions importantes, mais l’adoption d’une réelle politique « eco-friendly » relève encore de l’idéal. Si la classe dirigeante semble survoler sciemment le problème, ceci n’est pas tout à fait le cas de la population. L’augmentation vertigineuse de maladies liées à la pollution, espaçant de l’asthme aux tumeurs, ont fait rapidement prendre conscience aux populations, notamment celles urbaines, de la dangerosité de la situation. Alors que le gouvernement chinois essaye d’instaurer des systèmes de contrôle idéologique de la population et de répression de la contestation, des véritables mouvements se constituent grâce à l’activité d’ONG optant pour un activisme localisé. Ces mouvements contestataires semblent prendre pied par l’action de certaines élites culturelles ; scientifiques et personnages charismatiques qui arrivent à mobiliser les citoyens, obtenant de plus en plus de victoires. Les manifestations s’organisent sans passer par les institutions de sorte à contourner la potentielle répression de l’état, cette stratégie appliquée au monde chinois a pour le moment fait ses preuves. La question environnementale concerne également les élites politiques non-urbaines qui tentent de s’opposer aux directives nationales quand ces dernières peuvent avoir des répercussions nocives. On pourra citer l’exemple de Pékin où les régions voisines ont essayé de s’opposer à la relocalisation des industries polluantes, conséquence des politiques de désindustrialisation de la ville.

          Marty BORSOTTI



Sunday, October 13, 2019

Inégalité urbaine et protection sociale


Les réformes sociales chinoises amorcées à la moitié des années 1980 ont contribué à baisser le taux de pauvreté de la nation entre 1992 et 1995 sans vraiment éradiquer le problème. Aucun changement majeur n’a été implémenté favorisant la redistribution des richesses. Selon nombreux analystes, ces politiques ont eu pour effet de creuser davantage de disparités parmi les strates sociales. Dans son analyse des réformes, Xiang Huang identifie quatre catégories de populations urbaines créés par ces politiques inégalitaires. Ces populations sont identifiées par la couverture sociale dont ils bénéficient, ou pas, en fonction de leur travail. Les employés ayant conservé leur poste dans les entreprises d’état sont le groupe social ayant obtenu le plus de profits des réformes, bénéficiant à la fois d’une couverture sociale et des retombées économiques d’un marché libre. Les employés d’entreprises privées se trouvent dans une position délicate car la participation à la cotisation sociale de l’état n’est pas plus rentable pour eux que les assurances privées. Ces derniers se trouvent donc souvent dépourvus de couverture sociale. Les anciens employés d’entreprises d’état en faillite font partie des deux groupes les plus lésés, car ils ont perdu leur couverture sociale assurée par l’ancienne politique d’état. Ils revendiquent en vain la tutelle d’une couverture sociale égalitaire. Le dernier groupe est majoritairement constitué de jeunes migrants ruraux et forme la main-d’œuvre des entreprises privées. En raison de leur statut précaire, ce groupe revendique l’élargissement d’une couverture sociale minimum, pour pallier leur manque de tutelles sociales.

         Marty BORSOTTI

Monday, September 23, 2019

Le Système du Hukou

Le système juridique du hukou, important outil de gestion de la population mis en place dans les années 1950, est soumis à des réformes par le gouvernement chinois. Le hukou catégorise les citoyens en population urbaine et rurale afin de contrôler la densité démographique des grandes villes comme Pékin. Ces deux types de hukou s’accompagnent de droits qui leurs sont spécifiques. Les populations rurales travaillent les zones cultivables tandis que les populations urbaines ont accès à des postes gouvernementaux, à des propriétés immobilières ainsi qu’à des institutions sociales telles que les soins, l’éducation ou encore les assurances santé et retraite. Il y a donc une différence de droits entre les populations rurales et les populations urbaines du fait de ce système. Celui-ci provoque de fortes inégalités sociales auxquelles le gouvernement tente d’apporter des solutions. Les réformes envisagées depuis 2014 visent à faire disparaître le système d’enregistrement des ménages afin de réduire les inégalités entre monde rural et urbain mais également afin d’améliorer la mobilité de la main-d’œuvre et de stimuler l’économie par le biais, notamment, de la consommation nationale. La réforme juridique du hukou est donc un élément important de la réforme économique de la Chine, qui cherche à faire évoluer l’économie de manière à développer le secteur des services et à stimuler la consommation intérieure. La réduction des restrictions à la mobilité de la main-d’œuvre par le biais de la réforme du hukou élargit à son tour l’accès essentiel aux institutions sociales (éducation, assurance santé et retraite) et va permettre de stimuler l’économie du pays.

Emilie ROPITEAU

Tuesday, September 11, 2018

Bienvenue sur le blog du séminaire Villes et urbanité en Chine et en Corée

Ça y est ! Vous y êtes ! C'est la bonne porte ! 

Le séminaire Villes et urbanité  prend de nouvelles couleurs cette année, avec un nouveau programme, de nouvelles modalités de travail et, nous l'espérons, une approche qui combine initiative, autonomie et apprentissage fondamental.

Ce blog sera un lieu d'échange, de publication, de "mise en scène" de vos travaux. Il vous est ouvert et il vous appartient d'en faire un véritable outil de votre formation.